Se retrouver seuls dans une salle de cinéma peut avoir du charme, et le visionnage d’Un Talent en or massif nous a prouvé que parfois, il vaut mieux plonger dans l’univers décalé d’un Nicolas Cage parodiant son propre aura. Bien que le film souffre de quelques faiblesses, notamment dans son rythme, son hommage à la filmographie de Cage est indéniablement touchant. Cela nous a, en quelque sorte, préparés à nous lancer dans les bras de ce nouvel opus intitulé Anaconda, réalisé par Tom Gormican.
J’ai un petit faible pour le Anaconda sorti en 1997. À l’époque, j’étais trop jeune et j’avais passé des nuits blanches à rêver de serpents géants après l’avoir vu. Mais avec le temps, j’ai pu redécouvrir tout le potentiel humoristique que renfermait ce film. Parvenir à faire renaître cette aventure aujourd’hui pourrait être un sacré défi…

Dans cette nouvelle aventure, Griff et Doug, un acteur en quête de succès et un réalisateur bloqué dans un job peu gratifiant, sont rejoints par d’anciens camarades. Ensemble, ils se lancent dans la production de ce qu’ils espèrent devenir un film culte : une suite, un remake, ou peut-être même une continuation spirituelle d’Anaconda. De l’Amazonie, ils embarquent à la recherche d’un dresseur de serpents et d’une capitaine de bateau mystérieuse.
Lorsque les choses semblent bien parties…
Dans le milieu cinématographique, le silence entourant une première projection presse peut souvent être révélateur. Les retours américains n’ont pas été glorieux pour le projet. Pourtant, Anaconda a tout de même réussi à créer une illusion de légèreté grâce à des blagues méta, notamment celle faisant écho à l’absurdité de l’industrie.

Au lieu de tomber dans le piège du reboot sans âme, Anaconda choisit d’explorer l’idée d’un film dans le film. Gormican en profite pour railler Hollywood et ses termes fétiches. Les personnages se découvrent alors comme de simples passionnés souhaitant jouer ensemble, et leur projet cinématographique n’est qu’un miroir de leurs propres quêtes existentielles.
Avoir choisi ces deux acteurs ajoute une touche d’authenticité. On ne peut s’empêcher de voir en eux des reflets de leurs propres luttes. Black retrouve un brin de l’énergie qu’il avait dans Soyez-sympa, rembobinez, un film qui appréciait également les remakes amateurs.

Malgré de jolis moments et une petite dose d’émotion, le film peine parfois à convaincre. L’idée d’une bande de « losers » en quête de succès est charmante, mais l’aspect comique n’est pas toujours à la hauteur, avec des situations qui manquent souvent de frappe.
Une blague qui se prolonge trop longtemps
Je vous le confesse, dans notre enthousiasme, nous avons peut-être un peu embelli le début du film. En réalité, l’action démarre en Amazonie avec une séquence introduisant déjà les cordes de l’intrigue. Malheureusement, elle devient révélatrice des grandes lacunes du film.

Le fil rouge du scénario est encore trop fragile pour porter un long-métrage, ce qui force Gormican à étirer les scènes, rendant certaines sous-intrigues superficielles. L’humour est mal dosé : certaines répliques amusent quand d’autres laissent perplexe.
Étrangement, l’horreur semble s’éclipser. Ce nouveau Anaconda s’apparente plus à une comédie qui peine à se positionner. Les blagues ne s’enchaînent pas toujours correctement, et les incohérences se multiplient. Les moments où le film semble prendre l’ampleur souhaitée sont étouffés par un manque de maîtrise, transformant ce projet en une comédie sans âme.
Sur ce Anaconda, le serpent numérique, si mal intégré, semble davantage une pièce de décoration qu’un véritable protagoniste. Et puis, quelle déception de voir qu’une des meilleures apparitions du film ait été ruinée par les bandes-annonces !
Points à retenir
- Une nostalgie partagée autour du premier Anaconda, malgré son potentiel comique.
- Le duo offre une touche authentique à leurs personnages, reflet de leurs luttes.
- Une critique acerbe de l’industrie cinématographique à travers des blagues méta.
- Un mélange de comédie et d’horreur qui ne trouve pas toujours son juste équilibre.
- Un serpent qui, visuellement peu convaincant, peine à imposer sa présence.
- Les personnages secondaires manquent de développement, laissant des intrigues inexplorées.
