Communautaire

Femmes et action communautaire

  • A l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, qui est une occasion de dresser le bilan des luttes menées et à mener, une journée d’actions et de mobilisations partout dans le monde, nous avons pensé jeter un regard sur la place des femmes dans notre propre milieu. On prend rarement le temps de se questionner sur le fait que les emplois du secteur communau-taire sont majoritairement occupés par des fem-mes (environ à 80 %); on se limite le plus souvent à le constater, tout simplement. Mais comment cela s’explique-t-il? Qu’est-ce qui fait que les fem-mes sont surreprésentées dans ce secteur?

Intuitivement, ou par expérience, on peut identi-fier quelques raisons :

  • Les emplois du secteur communautaire sont souvent le prolongement du rôle tradition-nel des femmes, celui de prendre soin des autres.
  • Beaucoup d’organismes communau-taires sont issus de la tradition du bénévolat, de la charité, des instances d’entraide autrefois rat-tachées aux paroisses catholiques, lesquelles étai-ent un des rares lieux de rassemblement et d’ac-tion permis aux femmes.
  • Les organismes communautaires sont vus comme offrant des conditions facilitant la concili-ation travail-famille ou travail-études, ce qui répond aux besoins de plusieurs femmes.
  • Il y a des organismes communautaires à peu près partout, ce sont donc des emplois locaux, plus facilement accessibles et qui permettent d’évi-ter de longs déplacements entre le domicile et le lieu de travail.
  • Il s’agit de types d’emploi où les femmes

se sentent utiles au quotidien, perçoivent que leur travail fait une différence, ce qui est valorisant aux plans professionnel et humain.

On peut aussi se demander quel est l’impact de cet-te forte présence féminine sur…

– les organismes eux-mêmes (nature de l’ac-cueil, des activités et services qu’ils offrent, leur é-volution);

– les perceptions que s’en font les citoyen-NEs qui y participent;

  • les travailleuses elles-mêmes, en tant que professionnelles.

C’est un fait connu, de manière générale, le niveau des salaires est moindre dans le secteur commu-nautaire que dans les entreprises privées ou les in-stitutions publiques. Cela a des impacts à long ter-me, puisqu’au moment de leur retraite, les travail-leuses de ce secteur se retrouvent plus pauvres que si elles avaient occupé des emplois mieux rémuné-rés tout au long de leur vie professionnelle. Est-ce réellement un choix qu’elles ont fait, un choix indi-viduel qu’elles assument pleinement, ou n’y a-t-il pas plusieurs facteurs sociaux qui les amènent à choisir et à rester dans ce secteur? Au moment de leur retraite, se retrouvent-elles souvent usagères des services qu’elles contribuaient à donner en tant que travailleuses parce qu’elles croient tou-jours aux valeurs communautaires ou parce qu’el-les n’ont pas les moyens d’accéder aux services du secteur privé?

Autres questionnements possibles : Malgré leur pré-sence en grand nombre, quelle est la véritable voix des femmes dans les organismes communautai-

res? Quelle place leur donne-t-on? Quelle pla-ce prennent-elles? On les y trouve comme béné-voles, comme employées à divers postes, comme coordonnatrices et directrices, comme membres des conseils d’administration. Quelle est vraiment leur place aux niveaux décisionnels, aux postes qui ont de l’influence, au sein même des organis-mes comme ailleurs dans la société? Y aurait-il de plus un facteur générationnel qui joue dans leur prise de parole?

Comme Corporation de développement commu-nautaire (CDC), nous nous questionnons égale-ment:

  • Comment éviter de reproduire les vieux stéréotypes femmes / hommes dans les structures et dans le travail quotidien de nos organismes?
  • Quelles techniques d’animation pouvons-nous utiliser pour favoriser une prise de parole é-galitaire des femmes dans nos rencontres et acti-vités?
  • Qu’est-ce qui nous préoccupe, quels en-jeux voyons-nous?

Notre réseau national, la Table nationale des CDC (TNCDC) a créé un comité nommé PPE 2 (Prise de parole égalitaire / Participation pleine et entière) pour se pencher sur certaines de ces questions.

La réflexion est amorcée, elle doit se poursuivre. Nous pouvons créer des occasions pour cela car, de toute évidence, dans notre beau milieu com-munautaire comme ailleurs dans la société, l’éga-lité n’est pas encore atteinte.

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