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Le port du voile islamique et le féminisme sont-ils compatibles? Voilà l'une des questions auxquelles deux femmes voilées ont tenté de répondre lors d’un panel organisé le 8 mars par l’organisme d’information juridique Inform’elle dans le cadre de la Journée de la femme.

Les musulmanes Oussayma Cabarrieh et Suad Saher Bushnaq, respectivement réalisatrice et protagoniste du web documentaire Moi le musulman d’à côté, ont tenté d’expliquer à la douzaine de femmes présentes que leur voile n’est pas un objet de soumission aux hommes, mais plutôt un choix personnel dicté par leur foi.


Cheveux, seins, fesses, même combat?

Pour Mme Bushnaq, «Les femmes musulmanes ont leur propre idée du féminisme», remettant ainsi en question la vision monolithique du féminisme à l’occidentale prônant l’égalité entre les deux sexes. « L’islam, ce n’est pas vraiment l’égalité, c’est plutôt l’équité. Un homme et une femme qui montrent leur torse, ça ne soulève pas les mêmes réactions.»


Pour cette Jordanienne qui a choisi d’adopter le voile à l’âge de 25 ans, dévoiler ses cheveux équivaut à montrer les parties plus intimes de son corps. Le voile permet selon elle d’éloigner les regards à caractère sexuel.


Elle souligne d’ailleurs n’avoir dévoilé sa chevelure et son corps à son mari qu’après le mariage, une preuve selon elle qu’elle a été choisie pour la « beauté de l’âme » plutôt que pour l’apparence physique.
« Mais pourquoi cacher la beauté des femmes ?», s’est questionnée Hélène de Montigny, directrice générale d’Inform’elle. En plus d’être une marque de modestie, le voile est aussi une marque de féminité, soutient Suad.

Insultes
Alors qu’elle faisait de la sollicitation pour Médecins sans frontière, Mme Bushnaq affirme avoir été insultée à plus d’une quarantaine d’occasions : presque toujours par des femmes et des femmes d’un certain âge. Elle dit sentir qu’il y a beaucoup plus d’ouverture auprès des jeunes : « Ce n’est pas facile d’accepter de regarder le monde avec d’autres lunettes que les nôtres. »

« Il y a quelque chose de dirigé contre les musulmans, croit Suad. Il y a beaucoup de juifs, avez-vous déjà vu un débat sur les femmes juives qui doivent se raser la tête? Si j’avais la certitude qu’il s’agit d’un débat de laïcité, j’enlèverais mon voile (si le gouvernement me l'imposait), mais je crois que c’est plutôt les musulmans qui dérangent.»

Liberté de choix
« Ma liberté est différente de celle de quelqu’un d’autre. Je suis pour le droit de choisir, poursuit-elle. Qu’on force la femme à mettre ou à enlever un vêtement, c’est de l’oppression. Comment réagiriez-vous si on vous obligeait à enlever votre jupe? »


« Y’a des limites, soulève l’une des femmes présentes, le voile intégral, c’est oppressant pour nous. » Une autre estime plutôt que la limite se situe dans les institutions publiques où on ne devrait pas permettre à ceux qui y travaillent de porter du voile. Une affirmation qui fait bondir Suad, qui affirme qu’elle envisagerait de quitter le Québec si la province imitait la France en empruntant ce chemin.


Pour visionner le web documentaire Moi le musulman d’à côté : http://moimusulman.rcinet.ca/#/home

Site web sur l'islamophobie mis sur pied par Suad Saher Bushnaq (en anglais seulement) : http://unveilingislamophobia.weebly.com/

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